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Dépôt de garantie : délais, retenues et recours du locataire

À la fin d’un bail, le propriétaire doit restituer le dépôt de garantie dans un délai légal. Voici les règles sur les retenues, les justificatifs et les recours du locataire.

Des clés et un état des lieux posés sur une table dans un logement vide.

À la fin d’une location, le dépôt de garantie ne peut pas être conservé sans motif. Le propriétaire doit le restituer dans un délai fixé par la loi, avec la possibilité de déduire certaines sommes dues par le locataire. Pour comprendre le montant rendu et agir en cas de désaccord, il faut notamment comparer les états des lieux d’entrée et de sortie et vérifier les justificatifs transmis.

Le dépôt de garantie est la somme versée au propriétaire au début du bail pour couvrir d’éventuels manquements du locataire, comme des loyers ou des charges impayés, ou des réparations qui lui incombent. Il ne doit pas être confondu avec le dernier mois de loyer : le locataire reste tenu de payer le loyer jusqu’à la fin du bail, même si le propriétaire détient une somme équivalente. Pour une location vide, le dépôt ne peut en principe dépasser un mois de loyer hors charges ; pour un logement meublé, le plafond est de deux mois. Le bail mobilité ne permet pas d’exiger de dépôt de garantie.

Le délai de restitution commence à la remise des clés, et non à la date de départ annoncée. Lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, le propriétaire dispose d’un mois pour rendre le dépôt. Si des différences sont relevées, le délai passe à deux mois. La comparaison doit porter sur l’état réel du logement, en tenant compte de la vétusté : l’usure normale liée au temps et à un usage habituel ne constitue pas, à elle seule, une dégradation imputable au locataire.

Une retenue doit correspondre à une somme effectivement due. Elle peut concerner, par exemple, une réparation rendue nécessaire par une dégradation constatée, des loyers impayés ou une régularisation de charges. Le propriétaire doit pouvoir en justifier le montant, notamment au moyen de factures, de devis ou de décomptes. Une somme forfaitaire appliquée sans explication ne suffit pas à établir que le locataire est responsable des frais. Si l’état des lieux d’entrée et celui de sortie ne décrivent pas le même dommage, ces documents peuvent aider à déterminer à qui incombe la réparation.

La situation des charges mérite une attention particulière. Dans un immeuble en copropriété, le propriétaire peut conserver provisoirement une partie du dépôt, dans la limite prévue par la loi, afin d’attendre l’arrêté annuel des comptes. Il doit ensuite régulariser les sommes et restituer le solde éventuel. Le locataire peut demander un décompte détaillé et consulter les justificatifs des charges récupérables. Cette retenue provisoire ne dispense pas le propriétaire de procéder à la régularisation lorsque les comptes sont disponibles.

Si le délai légal est dépassé, le locataire peut d’abord adresser au propriétaire une demande écrite de restitution, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception. Il est utile de conserver le bail, les états des lieux, la preuve de remise des clés, les échanges et tout justificatif de paiement. En cas de désaccord persistant, une démarche amiable peut être engagée auprès d’un conciliateur de justice ou de la commission départementale de conciliation, selon le litige. Le locataire peut ensuite saisir le juge compétent. En principe, un retard de restitution entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque période mensuelle commencée, sauf notamment si le retard vient de l’absence de communication par le locataire de sa nouvelle adresse.

Le bilan dépend donc des dates, des documents et de la nature des retenues. Avant de quitter le logement, établir un état des lieux précis, remettre les clés contre preuve et communiquer une adresse de correspondance facilite la vérification. En cas de retenue contestée, demander le détail et les justificatifs permet de distinguer une somme réellement due d’une déduction qui ne respecte pas le cadre réglementaire.